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Technologies aéronautiques et spatiales : Ce que révèle un rapport sur l’impact et l’avenir en Afrique

  • Ecrit par Linfodrome
  • Publié dans Technologie

Airbus a publié, le mardi 30 octobre 2018, à Toulouse, en France, un Livre blanc sur le rôle des technologies aéronautiques et spatiales et leur impact sur le développement socio-économique en Afrique.



Ce rapport détaillé examine comment différents segments du secteur peuvent relever un ensemble de défis fondamentaux sur le continent : en améliorant l'accès aux soins de santé, en renforçant la sécurité alimentaire tout en rendant l'agriculture africaine plus compétitive et durable, en promouvant l'éducation, la formation et l'innovation, en responsabilisant les entreprises avec des produits et des solutions innovants, et en éliminant les obstacles entravant la circulation des personnes et des marchandises en Afrique.

Le rapport a été officiellement publié lors d'un sommet spécial organisé à Toulouse (France) et auquel ont participé des représentants des gouvernements africains, des décideurs politiques, des chefs d'entreprise, des entrepreneurs, des organismes intergouvernementaux et des organisations multilatérales de développement.

"L'industrie aéronautique et spatiale offre des solutions à de nombreux défis socio-économiques auxquels l'Afrique est confrontée sur la voie du développement durable : un changement fondamental pour ne plus considérer l'industrie aéronautique et spatiale comme un secteur isolé, mais comme l’un des moteurs principaux du changement socio-économique, afin de mesurer ses avantages pour la construction d'un avenir prospère. C'est l'objectif visé dans ce livre blanc qui souligne les différentes manières selon lesquelles la technologie aéronautique et spatiale peut soutenir le développement social et économique en Afrique", a indiqué Mikail Houari, Président Airbus Afrique Moyen-Orient.

Ce livre blanc analyse le rôle des technologies aéronautiques et spatiales dans des secteurs ayant une incidence maximale sur le développement socio-économique, notamment dans la fabrication et l'industrialisation, l'aviation civile, l'agriculture, la santé et l'aide humanitaire.

En ce qui concerne la fabrication et l'industrialisation, de nombreux pays africains sont des consommateurs finaux dans la chaîne de valeur aéronautique et spatiale mondiale. Rejoindre les rangs des producteurs dans cette chaîne de valeur est un véritable défi pour bon nombre d'entre eux, mais qui n’est pas pour autant impossible à relever. Les exemples des leaders actuels du secteur aéronautique et spatial du continent africain - l'Afrique du Sud, la Tunisie et le Maroc - prouvent la complexité mais également les opportunités que rencontrent les pays africains dans le développement des capacités de fabrication et d'industrialisation dans le secteur aéronautique et spatial. Parmi ces opportunités figure le « dividende démographique » potentiel de l'Afrique, que celle-ci pourra atteindre en investissant dans sa population jeune et de plus en plus techno-expérimentée.

L'agriculture est peut-être le pilier le plus important du développement durable du continent. Cependant, bien qu'il emploie plus de 60 % de la population africaine, ce secteur ne contribue qu'à hauteur de 15 % environ au Produit intérieur brut (Pib) du continent africain, étant donné les difficultés sous-jacentes qui persistent. La technologie aéronautique et spatiale telle que l'agriculture de précision pourrait renverser cette situation en permettant aux agriculteurs de produire plus avec moins.

De même, l'accès aux soins de santé demeure un défi pour bon nombre de populations rurales. Tout en s'appuyant sur les technologies existantes dans ce secteur - notamment les ambulances aériennes - les nouvelles technologies modifieront encore la dynamique d'accès aux soins médicaux et aux interventions d'urgence en termes de quantité, de distance et de collecte de données.

En sus, ce rapport souligne également la nécessité d'établir des politiques gouvernementales claires pour exploiter le potentiel de la technologie aéronautique et spatiale, et conclut par des recommandations clés sur le développement du capital humain, les partenariats et le financement.

 

 

Vache à lait

Dans le secteur de l'aviation, la question essentielle reste de savoir comment relier les personnes aux marchés et aux marchandises de manière plus rapide, plus économique et plus efficace afin d'optimiser le rôle du secteur en qualité de moteur économique et de vecteur d'une meilleure intégration en Afrique.

 Pour Hadi Akoum, vice-président d’Airbus, chargé des ventes pour l’Afrique et le sud de l’océan indien, les gens ne se rendent pas compte de ce que, une compagnie aérienne peut rapporter à un pays. Chaque emploi qui est créé par une compagnie aérienne suscite, de façon indirecte, plus de 6 emplois ailleurs, dans l’économie. « Derrière une compagnie aérienne, il ne faut pas voir uniquement un moyen de transport de passagers. C’est aussi un moyen d’ouvrir le pays aux services, au tourisme, aux investisseurs et aussi à l’agriculture, de telle façon que le pays puisse exporter facilement. Et aussi, la possibilité que les Ivoiriens qui sont ailleurs puissent revenir plus facilement et investir plus facilement. Tout cela va aider à développer le pays. C’est pour cela avec la création de Air Côte d’Ivoire, en dehors du transport des passagers, on a vu des banques revenir à Abidjan, des sociétés qui prennent Abidjan comme leur base pour l’Afrique de l’Ouest. Parce qu’il est devenu facile de voyager d’Abidjan pour aller ailleurs, pour aller en domestique. C’est tout cela la compagnie et non uniquement quelques personnes qui font voler des avions », a-t-il fait observer.

Par ailleurs, il a regretté que beaucoup de gens regardent la compagnie aérienne comme la vache à lait. Et, elles veulent en profiter. « Aujourd’hui, Air Côte d’Ivoire n’a pas entièrement les mains libres. Quelque chose qui est surprenant : Air Côte d’Ivoire a le contrôle probablement sur pas plus de 30 % de ses coûts. Et le reste, ce sont des coûts qu’elle est obligée d’accepter parce qu’imposés soit à travers des services qu’il y a à l’aéroport, soit à travers les taxes. Et, ça ce n’est pas normal. Leurs concurrents n’ont pas ce genre de contraintes. La compagnie essaie de se battre comme elle peut mais forcément, elle est impactée par ces coûts supplémentaires que d’autres compagnies n’ont pas. C’est elle qui gère l’aéroport mais, surtout c’est elle qui gère l’inspection etc. Et évidemment, ce sont des sources de revenus. L’aéroport d’Abidjan fait de l’argent mais pas la compagnie aérienne. Il y a une position géographique qui est très bien. Il y a un environnement qui est très favorable, avec des pays relativement importants autour, et qui n’ont pas la structure qu’il y a dans l’aviation en Côte d’Ivoire. C’est juste que le gouvernement, les opérateurs donnent des opportunités à la compagnie à se développer encore plus et Air Côte d’Ivoire peut devenir un vrai hub de business, de tourisme pour l’Afrique de l’ouest. C’est le moment de donner les moyens à la compagnie aérienne de se développer et transformer Abidjan en un vrai hub pour l’Afrique de l’ouest, pour aller aux États unis, mais aussi pour aller en Europe. Lui donner la possibilité de réduire ses coûts et ne pas imposer des taxes sur la sécurité, des taxes sur ceci ou cela. Prendre l’exemple d’Ethiopian airline, de lui donner un peu plus de moyens, qu’elle puisse gérer elle-même ses opérations, et payer moins au niveau de la sécurité.

Des experts de l’aéronautique estiment que les États devraient prendre de moins en moins de participations dans l’actionnariat des compagnies aériennes. Ce secteur devrait être, majoritairement, le lieu du secteur privé.