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L'ambitieux blockbuster qui a bien failli ne jamais se faire

  • Ecrit par Deborah Laurent
  • Publié dans Cinéma

 "Pacific Rim Uprising" a de l'ambition.

Il fait suite au film de Guillermo del Toro sorti en 2013 et a été longtemps reporté, mis en branle puis suspendu avant d'être enfin relancé sans del Toro. Celui-ci travaillait alors à "La forme de l'eau", récompensé aux Oscars au début du mois. Comme quoi, dire non ça ouvre des portes vers des choses parfois plus intéressantes. Le réalisateur d'alors soutient malgré tout "Pacific Rim Uprising" et précise que les deux films fonctionnent de façon tout à fait indépendante. On confirme.

"Pacific Rim Uprising" ne fait pas dans la dentelle et vise, sans rougir, le marché asiatique. Quand nous l'avons rencontré, John Boyega nous rappelait le succès que le premier volet avait eu en Chine et confiait, terre-à-terre: "Un film qui engrange plusieurs millions de dollars aux Etats-Unis devient un film à plusieurs milliards s'il perce sur le marché asiatique." Le bonhomme tient le premier rôle du film et il en est aussi le producteur avec sa jeune société. On comprend son envie de voir pleuvoir les billets verts.

Reste que "Pacific Rim Uprising" ne provoquera pas le moindre frisson chez les hermétiques à la science-fiction (levez la main). Il faut avoir un quelconque intérêt pour les combats de robot et les fins du monde qu'on évite à la dernière seconde pour apprécier ce blockbuster.

Après quelques années en veilleuse, les Kaiju, monstres marins très énervés, font leur come-back et les humains font bien ce qu'ils peuvent pour les vaincre. Ils investissent des Jaegers, robots géants dont ils ont perfectionné la construction quand il était encore temps de le faire et qu'il faut être deux à manipuler. Le duo vedette est composé de Jake Pentecost, fils du mec qui a sacrifié sa vie à la fin du premier volet pour sauver l'humanité, et de Nate Lambert, qui maîtrise la technique aussi bien qu'il roule des mécaniques. Les deux ont un oeuf à peler mais ils sont bien obligés de s'entendre pour sauver leur peau et former la relève: les Cadets.

Tandis qu'on se dit que l'adage tel père tel fils ne se vérifie pas toujours en regardant Scott Eastwood essayer de donner un peu d'épaisseur à son personnage à l'écran (sans succès), on a un sursaut d'intérêt pour la frondeuse Amara, prometteuse Cailee Spaeney.

Pour un premier film, Steven S. DeKnight ("Daredevil" sur Netflix) n'a pas à rougir: au niveau des combats et de l'action, le contrat est rempli, on en a pour notre argent. C'est déjà ça.