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L’étau se resserre au tour de Soro, voici les dernières décisions prises par Abidjan

C’est une journée dont Guillaume Soro se souviendra. Un mandat d’arrêt international a été émis, lundi 23 décembre, par la justice ivoirienne contre l’ex-chef de la rébellion et candidat à la présidentielle de 2020, pour « tentative d’atteinte à l’autorité de l’Etat et à l’intégrité du territoire national », a annoncé le procureur de la République Richard Adou sur la télévision publique ivoirienne.

Des « éléments en possession des services de renseignement » établissent « clairement que le projet devait être mis en œuvre incessamment », a affirmé le procureur, sans toutefois donner davantage de détails.

 Guillaume Soro, ex-président de l’Assemblée nationale ivoirienne (2012-2019), est également visé par une information judiciaire pour « détournement de deniers publics, recel et blanchiment de capitaux portant sur la somme de 1,5 milliard de francs CFA » (environ 2,25 millions d’euros), a déclaré le procureur. « Quinze » de ses partisans « ont été arrêtés » lundi par les forces de l’ordre, dont le député Alain Lobognon, le bras droit de M. Soro, « mais pour des dossiers complètement différents », a précisé le magistrat.
 
Dans une série de tweets publiés mardi 24 décembre, Soro a donné sa propre version des événements et a dénoncé « la brutalité inacceptable » des forces de l’ordre à l’encontre de ses partisans.

Cela n'a pas empêché le pouvoir d'Abidjan de Révoquer son Passeport diplomatique et d'introduire une demande de levée de son immunité parlementaire. 

Quelle sera la réponse de Soro face à cet acharnement? les jours à venir nous le diront. 

 

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MANDAT D'ARRÊT CONTRE GUILLAUME SORO : ASSALE TIEMOKO LIVRE DES SECRETS.

" Sauf changement politique majeur, la candidature de Soro Guillaume, pour l'élection présidentielle de 2020, est définitivement compromise.

Pourtant, en fin de semaine dernière, tout était bien parti pour un dégagement des nuages dans les relations entre l'ancien président du parlement ivoirien et le président Ouattara.

C'est que, en milieu de semaine dernière, Soro Guillaume, via un intermédiaire, est rentré en contact avec un proche du président Ouattara, un élu local connu pour sa discrétion. Objet de la démarche? Rencontrer le président Ouattara pour un dernier dialogue où tous les sujets seront abordés sans tabou. "Soit, ils s'entendent et reprennent leur chemin ensemble, soit ils se séparent définitivement mais dans le respect mutuel". Aurait précisé l'intermédiaire mis en mission par Soro Guillaume.

Ce proche du président Ouattara l'informe de la démarche de Soro Guillaume. Le président Ouattara marque son accord et prie son proche de servir de médiateur en lui donnant carte blanche pour aborder tous les sujets.

Le vendredi 20 décembre, le "médiateur " joint au téléphone Soro et lui propose une rencontre à Paris pour le lundi 21 décembre. Objet: transmettre à Soro la position et les offres du président et recueillir ses objections et propositions.

Soro ne trouve pas d'inconvénients pour la rencontre à Paris et promet de revenir au médiateur pour son accord définitif.

Le samedi, Soro Guillaume ne donne pas signe de vie, toute la journée.

Entre-temps, le "médiateur" est entré en contact avec le président du comité d'organisation de l'accueil de l'ancien président du parlement à Abidjan, Soro Kanigui, ainsi que plusieurs autres membres de GPS et du Raci. Beaucoup parmi eux, les modérés, expriment leur satisfaction pour cette initiative. Mais Soro Kanigui, faisant partie des radicaux, exprime lui, ses réserves pour toute médiation entre Soro Guillaume et le préside.
Le dimanche 22 décembre, Soro Guillaume appelle le médiateur au téléphone, mais ne dit rien sur la médiation et le rendez-vous du lundi. "J'espere que tu seras à l'aéroport le lundi pour m'accueillir", aurait-il déclare à ce dernier.

Colère du médiateur qui prie Soro Guillaume de ne pas commettre cette erreur. Il lui fait noter que c'est lui Soro qui a voulu la médiation et qu'il lui a fallu beaucoup d'efforts pour convaincre le président Ouattara d'accepter ce dialogue et la rencontre, pour son compte, à Paris. Changer tout à la dernière minute, pourrait être pris par le président, comme une manipulation voire un manque de respect.
Soro Guillaume écoute le médiateur et promet de lui revenir dans la soirée du dimanche. Mais il ne le fera pas.

Le lundi 23 décembre, quand le médiateur découvre les images de Soro Guillaume à l'aéroport du Bourget, convaincu que Soro Guillaume, il l'appelle et le prie de ne pas monter dans l'avion, de l'attendre et qu'il se prépare à quitter Abidjan, pour le rejoindre à Paris. Soro promet encore de lui revenir. Il ne le fera pas.

Le médiateur, convaincu que Soro a cédé à la pression de l'aile dure de son mouvement, appelle Soro Kanigui pour le prier de donner une chance à la médiation. Mais ce dernier, de mauvaise humeur, répond qu'il n'a pas été informé au départ, de la médiation, qu'il aurait été mis devant le fait accompli et qu'il lui est impossible de tout arrêter pour l'accueil de Soro Guillaume. Réaction du médiateur: "Si l'avion de Soro Guillaume est interdit d'atterrissage à Abidjan, vous allez faire quoi? Donnez une chance à cette médiation, c'est Soro Guillaume lui-même qui l'a sollicité". Soro Kanigui promet de rappeller. Il ne le fera pas.

De son côté, devant la tournure des événements, le président Ouattara qui avait suspendu une réunion du Conseil National de Sécurité (CNS), en attendant les résultats de la médiation, convoque les membres de ce Conseil, y compris des anciens chefs de zone, et leur présente la situation.

La suite, on la connait. Mandat d'arrêt international. Et l'avion transportant l'ancien président du parlement ivoirien dérouté sur le Ghana où les autorités, rapidement, opposent leur refus, en raison d'un mandat d'arrêt en route pour Interpol Ghana.
L'avion emmène Soro Guillaume vers une nouvelle destination d'où il assistera, sauf changement, à la campagne pour la présidentielle de 2020.
Avant son départ, il a eu un dernier échange téléphonique avec le médiateur à qui il a exprimé ses regrets pour ce développement des événements."

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