Log in

Agrobusiness: Un informaticien, mécontent de la tournure des choses, pirate le compte Facebook du DG du trésor et dévoile sa maîtresse

En Côte d’Ivoire, les remboursements des souscriptions dans le secteur de l’agrobusiness ont démarré hier. Cette affaire secoue le pays depuis plusieurs mois. Près de 40 000 Ivoiriens ont investi dans des entreprises du secteur qui promettaient des retours sur investissement faramineux. Mi-janvier, la justice ivoirienne a gelé les comptes de ces sociétés. Elle les soupçonne d’avoir monté une arnaque financière : les investisseurs seraient rémunérés avec les souscriptions des nouveaux venus.

Un site internet a été créé pour le remboursement des investissements, avec souvent des taux frisant la comédie. Les informations sur les souscripteurs ont été publiées sans tenir compte d'aucune confidentialité, exposant ainsi des milliers d'ivoiriens au grand jour. Certains ont dû s'endetter pour y souscrire, ou ne veulent simplement pas que leur famille en soit informée. Avec le site dédié au remboursement tout se sait. 

Non content, non seulement du taux dérisoire des remboursements, mais aussi de l'exposition de la vie privée, un célèbre(aujourd'hui) informaticien a décidé d'aller en guerre contre le gouvernement. A la suite de nombreuses actions sur le terrain, il vient de s'attaquer au compte facebook du directeur général du trésor dont il a dévoilé la maîtresse sur facebook.  Il prévient que ça ne fait que commencer... 

Voici son message: 

 

  • Publié dans Société

Agrobusiness: situation chaotique en perspective

Agrobusiness. J’étais de ceux qui en riaient au début. Je me moquais un peu des souscripteurs mais surtout de la promptitude de l’Etat à vouloir s’ingérer dans des affaires qui ne le concernait pas. Alors qu’il y a d’autres chantiers sur lesquelles la population l’attend. Prompt à sécuriser l’argent des gens, quand les corps de ces mêmes gens sont sans cesse menacés par les microbes?

J’ai fini par comprendre la position de cet Etat soudainement si protecteur. Nos gouvernants ont par bien des manières contribué à donner de la crédibilité à l’activité. Alors plutôt que d’attendre que tout s’écroule et être pris dans les vents houleux d’un « harmattan burkinabé » ils ont voulu arrêter l’hémorragie. Mais comment soigner quelqu’un qui n’estime pas être blessé et qui n’a absolument pas confiance au médecin qui s’approche de lui avec un sourire d’empoisonneur? Là résidait et réside encore toute la difficulté d’une affaire qui ne me fait plus rire.

AGROBUSINESS, UN PROBLÈME DE CONFIANCE

 

Entre la population et le gouvernement, le pacte de confiance est rompu. Et ce ne sont pas les dernières sorties sur le sujet qui vont régler les choses. Le remboursement annoncé a montré ces limites. Donner à quelqu’un 0,78 % de son capital ou 12 % ce n’est pas du remboursement, ce n’est même pas du dédommagement. Mais pour les besoins de la communication il faut continuer à employer le mot « remboursement » qui positionne l’Etat comme le sauveur des pauvres souscripteurs naïfs.

C’est vrai que certains souscripteurs pourront percevoir l’intégralité de leur capital, ceux-là dont les entreprises disposaient de suffisamment de fonds pour l’opération. Mais ils sont une minorité. En outre, ils ne doivent pas être satisfaits non plus de voir leur identité divulguée ainsi. En effet, les données personnelles des souscripteurs ont été publiées sur internet par les structures en charge du remboursement. Noms, numéros de pièces administratives, montants investis, montant à percevoir, étalés sur la place publique au su et au vu de tous. Il ne manque que la photo et le contact téléphonique pour boucler la boucle.  De plus, ces documents montrent ceux qui ne sont pas concernés par le remboursement parce qu’ils ont déjà perçu des RSI supérieurs au montant souscrit.

UN DRAME HUMAIN EN PERSPECTIVE

Est-ce que nos gouvernants se rendent compte du drame humain qui se prépare par leur faute?  Dans les familles? Entre amis? Dans les lieux de service? Monsieur n’a peut-être pas dit à Madame qu’il a souscrit et vice versa. Les souscripteurs ont peut-être réinvesti les RSI pour espérer gagner plus au lieu de rembourser de vieilles dettes. Les gens n’ont peut-être pas envie qu’on sache qu’ils percevront bientôt neuf millions ou douze millions. Je ne parle même pas des problèmes de santé qui ont découlé de cette situation d’incertitude financière. Des gens qui font déjà l’objet de railleries, qui sont traités de naïfs, affichés ainsi sur la place publique. Pour un Etat si soucieux du bien-être de sa population, la méthode laisse à désirer... Lire la suite sur le blog de Yehni Djidji

Souscrire à ce flux RSS