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CIAD - Primo : Vidés de leurs maisons, les acquéreurs interpellent le chef de l’Etat

  • Ecrit par Linfodrome
  • Publié dans Société

Mme Duzan Isabelle (micro en main) a eu le soutien de nombreuses femmes lors de la conférence de presse

La présidente du collectif des acquéreurs de la cité CIAD (Mpouto), Mme Duzan Isabelle, a animé une conférence de presse, le jeudi 31 janvier 2019, devant les locaux du promoteur immobilier Babily Dembélé, pour appeler le chef de l’Etat au secours face à la vague d’expulsions de certains acquéreurs.

Entourée de plusieurs femmes, Mme Duzan Isabelle, la présidente du collectif des acquéreurs de la cité CIAD-Primo a animé une conférence de presse, le jeudi 31 janvier 2019, pour dénoncer « l’injustice » dont les acquéreurs sont victimes.

« Nous sommes encore-là ce matin, pour nous faire entendre. Nous sommes des victimes et nous ne comprenons pas pourquoi depuis 10 ans, nous interpellons l’Etat, mais pas de réponse. On continue de nous persécuter, de nous arracher nos maisons. Pourtant, nous sommes en procès. Nous sommes passés partout, nous avons vu toutes les autorités, jusqu’au ministère de la justice. On nous a demandé de saisir la justice. Nous avons saisi la justice en 2017. Nous sommes présentement en procès. Il y a une opération immobilière qu’on appelle CIAD-Primo, dont le PDG est M. Babily Dembélé avec qui nous avons souscrit dans les années 1990, 95, 96 et 97. En tout cas, 98% des acquéreurs ont fini de payer les maisons. Quand on venait souscrire, on ne nous a pas dit que c’était location-vente. Les maisons coûtaient dans l’ordre de 8 millions. Nous avons souscrit. », a-t-elle présenté le décor.

La conférencière a poursuivi pour dire que l’affaire est encore en justice, mais que depuis 2017, des acquéreurs qui ont déjà payé leur maison sont « injustement » expulsés.

« Nous sommes en procès. Amaos dit qu’il est le propriétaire de la cité, il nous chasse. On lui demande un certain nombre de papiers. Comme tu dis que tu es le propriétaire de la cité et tu donnes des mises en demeure aux acquéreurs. Il dit que tous nos papiers sont faux. La justice lui demande de produire le faux que nous avons fait, l’acte de cession, l’acte notarié et le contrat qui nous lie. Parce que pour pouvoir nous chasser, il faut qu’entre lui et nous, il y ait un contrat. On lui demande tout ça, il n’a pas encore produit ça et il vient nous chasser. Il est venu nous chasser avec des gendarmes, 200 gendarmes, 200 loubars, 200 policiers alors que nous sommes en procès. On lui demande les documents, il ne les a pas encore produits. Le lundi 28 janvier 2019, à notre grande surprise, voilà encore des cargos de gendarmes qui rentrent dans la cité, avec des loubars qui commencent à jeter des voisins dehors. », s’est indignée Mme Duzan Isabelle.

Les acquéreurs réclament leur titre foncier : « La vérité se trouve de notre côté »

La conférencière a fait savoir que face à la vague d’expulsions, les acquéreurs ont saisi la justice pour avoir leur titre foncier, un document susceptible de les protéger. « Nous demandons nos titres fonciers. Nous avons saisi la justice pour que, si c’est l’Etat qui doit nous donner le titre foncier, il le fasse. Si c’est Amaos qui se dit propriétaire de la cité, qu’il nous les donne. Parce que nous avons fini de payer nos maisons. Nous avons les preuves, les papiers qui prouvent que nous avons fini de payer nos maisons. Nous demandons à l’Etat de désigner un médiateur entre nous et Amaos pour qu’il voit où se trouve la vérité. La vérité est de notre côté. Nous avons les papiers qui prouvent que nous avons payé les 8 209 000 francs cfa que la société CIAD-Primo nous a demandé. Il y en a de 15 000 000, 10 000 000. Nous avons fini de payer. »

Pour terminer, Mme Duzan Isabelle a demandé au chef de l’Etat qui « est leur voisin de quartier » se rendre à la Cité CIAD pour constater la souffrance des acquéreurs face aux multiples persécutions. « Nous avons des voisines qui sont mortes à cause de ça. Nous allons mourir laisser ce problème-là ? Nos enfants ne pourront pas le gérer. Cela fait plus de 20 ans que nous sommes dans nos maisons. Un individu, parce que d’après lui, il connait le Pape, donc il est prêt à tout. Il nous persécute, il nous maltraite…Monsieur le Président de la République, votre fille vous interpelle. Nous vous avons interpellé à plusieurs reprises. Vos filles, vos sœurs, vos enfants, vos voisines. Nous sommes à deux pas de chez vous. S’il vous plaît, marchez et venez à la Ciad, vous verrez qu’il y a la souffrance. Il y a quelqu’un qui se met au-dessus du Président de la République, parce que d’après lui, il a des entrées par-ci et par-là. Peut-être qu’à la fin de cette conférence de presse, je me retrouverai en prison. Parce qu’ils ont déjà essayé. »

Pour sa part, Mlle Oguidi Joceline dont les parents ont été expulsés de leur maison, le lundi 28 janvier 2019, a raconté le calvaire que vit sa famille.

« Nous avons été expulsés de notre maison, le lundi 28 janvier 2019. On nous a assigné en justice, mais on n’a jamais vu cette décision. Et aujourd’hui, on nous met dehors alors que nous avons tous nos dossiers. Nous avons notre certificat de non redevance, nous avons tous nos papiers, mais aujourd’hui, nous ne comprenons pas, nous sommes attristés. Nous ne savons pas à quel saint nous vouer. Nous sommes là pour protester, pour nous faire entendre. Nous avons besoin de nous faire entendre. La pluie est en train de se préparer. Nos affaires sont dehors. On ne sait pas où dormir. Nous demandons au chef de l’Etat de nous venir en aide. Nous avons besoin de lui. Nous dormons à la belle étoile, nous ne savons pas où partir, alors que nous avons fini de payer notre maison. Nous avons besoin de notre titre foncier. Nous avons besoin d’un papier sur lequel nous allons nous appuyer pour nous défendre. Nous lançons un appel aux autorités de ce pays pour nous aider à avoir nos titres fonciers. Ce sont les titres fonciers qui nous mettront à l’abri des expulsions. »