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Des révélations sur le chauffeur décédé au CHU de Yopougon : Des agents bastonnés, la morgue menacée

  • Ecrit par Linfodrome
  • Publié dans Société

Après avoir mélangé les urgences, les chauffeurs mécontents du décès de leur collègue dans des conditions troubles, selon eux, menacent maintenant la morgue.



Le Centre universitaire hospitalier (Chu) de Yopougon est sous haute tension. 24 heures après leur expédition punitive au service des urgences et de réanimation de cette infrastructure sanitaire,  des chauffeurs, appuyés d’apprentis de véhicules de transport en commun appelés gbakas, mécontents des conditions « troubles » du décès d’un des leurs, à savoir Youssouf Diakité, ne décolèrent toujours pas.

C’est le service des pompes funèbres au sein de l’établissement sanitaire qui est, cette fois, dans leur viseur. Hier, jeudi 31 janvier, les camarades du chauffeur évacué suite à un grave accident de la circulation ont menacé de tout casser à la morgue comme ce fut le cas aux urgences où il avait rendu l’âme. En effet, tout l’après-midi et même la soirée du mercredi 31 janvier, les manifestants ont dicté leur loi au Chu de Yopougon.

Casse. Dans leur furie, ils s’en sont pris à tout ce qu’ils ont rencontré sur leur passage. Matériels de soins, produits d’entretien, tables, lits d’hospitalisation, bulletins d’analyse et d’ordonnance…, tout a été mis sens dessus dessous. Des agents sur place, n’ont pas échappé à leur colère. Ceux qui n’ont pu prendre leurs jambes à leur cou pour échapper aux manifestants, ont été tabassés.

Ce même scénario pèse sur la morgue où ceux qui ont ‘’mélangé’’ les urgences entendent s’opposent au refus de l’administration des services des pompes funèbres de libérer le corps de leur frère sans le paiement de 162.000 F cfa. Cette somme est censée couvrir les frais d’entretien et de conservation du corps du chauffeur accidenté de la route. « La direction de la morgue demande qu’on paie 162.000 F cfa avant de prendre le corps pour l’enterrement. Pour nous, c’est se moquer de notre douleur et de notre deuil. Nous n’allons pas l’accepter », expliquait Ibrahim Fofana, au nom des chauffeurs mécontents.  « Les médecins laissent mourir notre ami et la morgue du même hôpital nous demande de payer 162.000 F cfa. On ne l’acceptera pas. On nous a pris de l’argent. Le frère n’a pas été traité et on exige encore de l’argent. Cà ne passera pas ! », crachait-il, fustigeant le manque de soins des agents sur place. « Ce sont les pompiers eux-mêmes qui, après avoir sorti les blessés de l’ambulance, les ont pris pour les installer dans le service des urgences. Les médecins et infirmiers étaient là, les bras croisés. Ils n’ont même pas bougé alors qu’il s’agissait de cas graves. Ils ont manifesté leur indifférence face à la douleur des blessés », témoignait le proche du défunt.

Démenti. Du côté du personnel soignant en poste aux urgences et à la réanimation, l’on dément les accusations de non-assistance à personne en danger. « Plusieurs jeunes, surexcités, venus au Chu à bord de deux gbakas, ont fait irruption dans notre service au prétexte qu’on a laissé mourir leur frère. Ce qui est loin d’être la vérité », se défend-t-on aux urgences. Nos sources dont nous taisons l’identité pour des raisons de sécurité ont confié que le patient a été admis aux urgences, lundi 29 janvier.

Mais, apprend-t-on, « ce jour, la réanimation de notre Chu était fermé. Les agents ont, néanmoins, prescrit un traitement en attendant que le patient soit référé à une structure privée. Cela se justifiait par le fait que les réa des Chu de Treichville et de Cocody étaient toutes bouclées. Il n’y avait pas de places. Il ne restait que la voie du privé. Et la famille a été informée. Le père était là. Il en a été informé ». Nos interlocuteurs ajoutent que d’ordinaire, les parents eux-mêmes cherchent la solution.

A les en croire, c’est lorsqu’ils trouvent une structure d’accueil que les praticiens sur place réfèrent le malade. « Dans ce cas précis, les agents ont aidé la famille à trouver un point de chute. Une clinique de Yopougon-Maroc avait sa réa ouverte. Mais, la caution exigée, était de 800.000 F cfa. C’est ce montant que les parents étaient allés chercher. Ce n’était pas destiné aux urgences du Chu de Yopougon. Mais, à la clinique privée. En attendant, le personnel des urgences a prescrit les premiers traitements et a remis les ordonnances aux parents. Ils sont partis et sont revenus avec 250.000 F cfa pour le processus de l’admission à la clinique privée. C’est à ce moment que le patient est décédé », renseignaient des agents, déclinant toute responsabilité dans le décès de l’accidenté.