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Sénégal : L’opposition crie au scandale relativement au processus électoral

  • Ecrit par www.homeviewsenegal.com
  • Publié dans Le monde en bref

Pour l’opposition, un audit d’un processus électoral ne peut se limiter à analyser la cohérence interne d’une base de données.

« L’audit fut une demande récurrente inscrite depuis longtemps dans les plateformes de l’opposition, notamment après les élections locales et le référendum. L’audit devait concerner tout le cycle de vie du processus électoral (préélectoral, électoral, postélectoral). Les élections législatives de Juillet 2017 étantla première expérience électorale après la refonte des données électorales et l’introduction des cartes biométriques CEDEAO, le taux de fiabilité devrait, entre autres, nous montrer dans quelles proportions les électeurs – et seulement ceux-ci-, ont été inscrits aux bureaux de vote souhaités, si les électeurs ont eux-mêmes reçu leur carte biométrique, si les électeurs ont pu voter comme ils le souhaitent et que leurs votes ont été réellement pris en compte, et que tous les documents exigés par le code électoral sont correctement livrés » renseignent les organisations regroupés dans l’IED.

Si de mauvaises données ont été données au système, le taux de fiabilité doit aussi le montrer et ne pas supposer que les données en amont sont correctes. Selon les membres de l’opposition, la vérification intrinsèque des données est nécessaire mais elle ne saurait déterminer l’objectif d’un audit.

C’est pourquoi l’opposition rejette totalement le taux de fiabilité du fichier électoral de 98%, tel qu’il a été communiqué à la presse et exploité par la majorité présidentielle, et demande plus que jamais un audit réel du processus électoral. La vérification intrinsèque de la base des données faite par l’audit de Janvier/Février 2018 permet d’analyser la cohérence des données déjà introduites dans le système mais ne saurait nous montrer à posteriori si ces données auraient dû ou non être introduites dans le système. Cette vérification, même incomplète et limitée, a permis de conforter l’opposition sur certaines de ses prises de position .Les graves dysfonctionnements enregistrés aussi bien au niveau des audiences foraines que de la délivrance des extraits de naissance ne permettent pas d’assurer au Sénégal « l’établissement d’un système d’état civil fiable et stable » conformément à l’article 4 du protocole A/SP1/12/01 sur la démocratie et la bonne gouvernance de la communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest.

Au total, un vrai audit demanderait des sondages effectifs sur le terrain pour voir au moins s’il y a conformité entre personnes physiques et personnes électroniques et dévoilerait les systèmes de fraude gigantesques, d’un autre âge de l’appareil APR/Benno Bokk Yakaar. Les auditeurs n’ont pu descendre sur le terrain et même consulté les preuves détenues par l’opposition.

Arfang Sagna.

 

INITIATIVE POUR DES ELECTIONS DEMOCRATIQUES

Les élections du 30 juillet 2017 ont été une des élections les plus catastrophiques organisées depuis l’indépendance. Jusqu’à trois jours du scrutin, pour se construire une majorité à l’Assemblée nationale, le gouvernement s’est permis de modifier la loi électorale. Tous les partis de l’opposition véritable, tous les patriotes et démocrates, ont constaté et dénoncé cette fraude sans précédent dans notre histoire.

C’est pourquoi cette parodie d’élection est plutôt une non-élection qui aurait dû même être reprise en toute rigueur démocratique d’autant plus que le conseil constitutionnel, qui s’est prononcé sur les recours et qui a proclamé les résultats, a démontré sa collusion avec le pouvoir bien avant les élections législatives. Il est même allé jusqu’à se substituer au législateur en modifiant, toute honte bue, la loi électorale à l’avant-veille du scrutin, en violation flagrante des dispositions pertinentes de la CEDEAO qui interdisent formellement la modification de la loi électorale dans les six mois précédant les élections.

Le 21 Novembre 2017, le Ministre de l’Intérieur, nommé suite à cette mascarade électorale, avait convoqué les partis politiques pour une prise de contact et une discussion sur le processus électoral. Les partis de l’opposition, après une large concertation, avaient décidé ensemble, quelle que soit leur position sur la participation à cette rencontre, d’adopter par la suite une plateforme pour que tout le monde comprenne qu’ils ne sauraient en aucun cas légitimer la farce électorale du 30 juillet. L’implication d’Abdoulaye Daouda Diallo dans celle-ci étant évidente, comme pour tromper le peuple, le Président de la République a remplacé le sieur Abdoulaye Daouda Diallo par un autre Maire et non moins responsable politique de l’APR. Pour montrer le peu de respect qu’il a de la loi électorale et faire semblant de donner les assurances nécessaires, le nouveau Ministre fait distribuer depuis lors les cartes d’électeur, sans aucun contrôle. Le régime de Macky Sall marque un recul démocratique sans précédent dans l’histoire de notre pays.

Nous, partis de l’opposition et organisations démocratiques, plus que jamais, solidaires dans la conduite des processus démocratiques et républicains, exigeons l’instauration d’une véritable démocratie électorale dans notre pays  à travers :

1. une distribution transparente des cartes d’électeur par des commissions conformément aux dispositions du Code électoral, dans le respect de la loi, avec l’implication des partis et des structures de contrôle du processus électoral et la publication des listes électorales et des bureaux de vote au plus tard en juillet 2018 ;

2. un audit indépendant du processus électoral, y compris le système de décompte des voix et de transmission des résultats électoraux, avec l’implication de la société civile africaine et des partenaires internationaux;

3. un code électoral expurgé notamment des modifications honteuses introduites subrepticement par le gouvernement tout juste avant les élections pour « sécuriser la fraude électorale » ;

4. la séparation des votes des militaires et des civils pour supprimer l’utilisation abusive des ordres de mission ;

5. l’arrêt des répressions politiques et de l’instrumentalisation de la justice pour éliminer des candidatures à l’élection présidentielle prochaine ;

6. la mise en place d’une commission arbitrale, désignée conjointement par le pouvoir, l’opposition et la société civile, capable de conduire des concertations sérieuses pouvant aboutir à une loi et à des dispositions électorales fiables et acceptées par toutes les parties, avec l’engagement solennel du Président de la République à appliquer et à faire appliquer les conclusions arrêtées, ce qui permettrait d’engager des concertations sérieuses sur le processus électoral ;

7. la mise en place d’une Haute Autorité, indépendante de l’Administration, pour :

jouer le rôle de régulateur de la démocratie, vu la faillite définitive de l’actuelle CENA depuis le jour où elle a servi de supplétif au gouvernement en servant de faire-valoir pour modifier la loi électorale en pleine campagne électorale ;
organiser les élections, vu la partialité et l’incompétence maintes fois constatées du Ministère de l’Intérieur ;

8. la nomination de juges indépendants en lieu et place du conseil constitutionnel pour la proclamation des résultats.

Nous, partis politiques de l’opposition et organisations démocratiques signataires, décidons de lancer une initiative pour des élections démocratiques et appelons tous les citoyens, les patriotes et démocrates à nous rejoindre dans cette lutte pour la démocratie au Sénégal.

Dakar, le 26/12/2017

Liste des Partis et organisations  signataires :

ACT
ADES/CDTS
AGIR
AJMD
And Jëf-PADS
Bokk Gis Gis
CAAW
CREDI
CNTS/FC Authentique
Front National
GRAND CADRE (Syndicat des Enseignants)
MCR
MPS-SELLAL
PAC
PASTEF
PDS
PRDS
RND
Senegal ni nu beug
SOLIDARITE ACTIVE
TAXAW TEMM
TEKKI
UNP
YOONU ASKAN WI
République des Valeurs (Membre associé)