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France : Une filière d’immigration ivoirienne démantelée

  • Ecrit par www.linfodrome.com
  • Publié dans Le monde en bref

Six personnes ont été interpellées dans le cadre d’une enquête sur une filière d’immigration ivoirienne, dont le cerveau demeurait à Evry-Courcouronnes.



C’est un coup de filet national que les brigades de recherche de la police aux frontières ont effectué. Dans le cadre d’une enquête préliminaire sur des aides au séjour irrégulier, ils ont interpellé à son domicile à Evry-Courcouronnes le 9 avril dernier la cheffe d’un réseau de nationalité ivoirienne.

Simultanément, les enquêteurs ont procédé à l’arrestation de cinq autres personnes ailleurs en France, à Angoulême (Charente), Montauban (Tarn-et-Garonne) et Nîmes (Gard). Tous sont soupçonnés d’aide au séjour en bande organisée, faux et usage de faux documents administratifs. Ce réseau agissait en faisant passer ses bénéficiaires pour des mineurs isolés étrangers.

La cheffe du réseau était payée pour faire passer les ressortissants ivoiriens en France. Lors de la perquisition à son domicile, les enquêteurs ont mis la main sur 3 550 € répartis dans plusieurs enveloppes. Les investigations avaient commencé en juillet 2017 avec l’interpellation d’un mineur isolé en possession de documents contrefaits. Les enquêteurs avaient alors décidé de remonter jusqu’aux fournisseurs de ces documents destinés à berner les autorités pour que l’aide sociale à l’enfance prenne en charge ces jeunes majeurs en les croyant mineurs.
« Sur 100 jeunes, 60 ne sont pas revenus vers le travailleur social »

C’est notamment pour lutter contre ces fraudes que le département de l’Essonne a accepté d’expérimenter un nouveau fichier biométrique, permettant de mieux identifier et suivre les mineurs isolés. « Le nouveau fichier biométrique diminue le risque de fraude aux faux papiers, et permet de mieux lutter contre les filières », affirme François Durovray, président du département.

Ce fichier a également un effet dissuasif, que l’Essonne constate déjà. « En moyenne au mois de février, sur 100 jeunes, 60 ne sont pas revenus vers le travailleur social. Ils étaient encore 23 dans ce cas en mars », assure François Durovray, qui réaffirme également vouloir assumer les missions du département sur la protection de l’enfance « pour ceux qui en ont les droits ». Pour les autres, comme les majeurs se faisant passer pour des mineurs, « c’est comme si on attribuait une aide à une personne handicapée qui ne l’est pas ! »

De son côté, Bruno Chevallier, membre de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) confie n’avoir « jamais eu affaire à ce genre de réseau. Mais, si ça existe, je ne peux souscrire à ce genre de méthodes ». Si la cheffe présumée de ce réseau et les cinq autres personnes ont été remis en liberté, les investigations se poursuivent.