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La capitale du Bénin sous tension au lendemain de la proclamation des résultats des législatives

  • Ecrit par www.linfodrome.com
  • Publié dans Le monde en bref

A l’origine de ces manifestations, des soupçons de l’opposition béninoise de l’arrestation de l’ex-président Boni Yayi.



De violents heurts ont éclatés à Cotonou, la capitale béninoise suite à l’annonce des résultats des élections législatives. Un scrutin marqué par un fort taux d’abstention frôlant les 80% et une absence de l’opposition.

A l’origine de ces manifestations, des soupçons de l’opposition béninoise de l’arrestation de l’ex-président Boni Yayi, prédécesseur de Patrice Talon, actuel président béninois. Ce dernier avait en effet appelé au boycottage des élections, puis avait lancé un ultimatum le lundi 29 avril 2019 pour demander au président Patrice Talon d'interrompre le processus électoral, qualifié de «coup d'Etat institutionnel».

Selon le confrère 20 minutes chrono, des soldats armés, des chars, et d'importants effectifs de police ont été déployés à travers la ville, et particulièrement dans le quartier de Cadjehoun, d'où s'échappaient d'épaisses fumées noires, et autour des grands sièges des médias. La capitale économique du pays s'est vidée en une heure, face à ces manifestations impromptues. Le confrère indique en outre que, les manifestants scandaient des slogans hostiles à Patrice Talon, promettant de «le faire partir», avant d'être dispersés par des jets de gaz lacrymogène. « Ils ont mis le feu à une station-service proche du palais présidentiel et ont incendié des commerces privés et des banques », précise le confrère.

Le président Patrice Talon est en effet accusé d'avoir amorcé un tournant autoritaire, dans ce pays modèle de démocratie en Afrique de l'Ouest, où se multiplient les intimidations et les arrestations contre les opposants. Lors des élections du dimanche 29 avril 2019, seuls deux partis proches du pouvoir étaient en lice, et Internet a été coupé pendant près de 24 heures. Lundi soir, alors que les résultats des législatives se faisaient attendre, son prédécesseur Boni Yayi, avait appelé le peuple «à se défendre».

De son côté, le ministre de l'Intérieur, Sacca Lafia, a démenti toute intention d'arrêter l'ancien président, qui garde un fort soutien au sein de la classe populaire du pays. Mercredi matin, la commission électorale a annoncé les résultats préliminaires des législatives, marquée par une participation d'à peine 23%. Le taux de participation à des élections n'était jamais descendu sous la barre des 50% depuis que le Bénin est entré en démocratie en 1990. L'opposition n'a pu présenter de candidats, officiellement pour des raisons administratives. Seuls deux partis proches du pouvoir se sont affrontés et se partageront les 83 sièges du nouveau Parlement.