Log in

Mali : L'Azawad renonce à appliquer les nouvelles règles

La Cma affirme prendre acte de la grande incompréhension suscitée par son projet


La Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) a annoncé lundi 18 février 2019, dans la soirée qu'elle renonçait à appliquer les nouvelles règles de la vie publique à Kidal édictées de façon unilatérale.

Ainsi, le rôle du «cadi», le juge islamique, aurait-il été privilégié, au détriment des instances étatiques maliennes. La Cma, qui administre la ville depuis plusieurs années, avait annoncé, ces derniers jours, vouloir, par exemple, interdire la consommation de l'alcool ou renforcer le rôle du cadi, le juge islamique, au détriment des instances étatiques maliennes. Face à l'insécurité qui augmente et à l'absence de l'Etat dans la région, la Cma se devait, selon elle, de prendre ses responsabilités. Les anciens rebelles justifiaient la teneur de ces mesures par le respect des coutumes locales. Mais, dans un communiqué publié lundi soir, la Coordination des mouvements de l’Azawad, ex-rébellion, affirme prendre acte de la grande incompréhension suscitée par son projet de renforcer sa présence, son autorité, sur la ville, notamment dans les domaines de la sécurité, de la justice et de la gouvernance.

Le même communiqué affirme reconnaître sur la localité les prérogatives de l’Etat malien. En fait, après l’annonce officielle des nouvelles mesures qui tendaient à montrer que Kidal devenait clairement un Etat dans l’Etat, il y a eu une véritable bronca des autorités maliennes qui ont notamment saisi le comité de suivi de l’Accord de paix d’Alger. Le président de cet organe a fait immédiatement une sortie plutôt musclée. Ahmed Boutache a notamment parlé de «violation flagrante de l’Accord d’Alger » par la Cma. Sa conclusion est sans appel: «Ceci constitue une violation flagrante de l’Accord et une atteinte aux prérogatives régaliennes du gouvernement de la République du Mali, explique-t-il à Rfi. La pression était également venue de la médiation, notamment de la mission de l’Onu au Mali (Minusma), ainsi que de la représentation locale de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et de l’Union africaine. La crainte de Bamako et des partenaires régionaux et internationaux, c'était de voir la zone avancer sur le chemin de l'autonomie et revenir à l'application de la charia comme lorsque les jihadistes avaient pris le pouvoir en 2012. Du coup, l’ex-rébellion a été donc obligée de ranger dans sa poche son projet.