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Le dispositif de sécurité prévu samedi en France à cause des Gilets jaunes : 89 000 membres des forces de l’ordre, 12 blindés…

 Manifestation des « gilets jaunes » autour de la place de l’Etoile, à Paris, le 1er décembre. Manifestation des « gilets jaunes » autour de la place de l’Etoile, à Paris, le 1er décembre.

Face aux risques de nouvelles violences pour la journée de mobilisation du 8 décembre, les fonctionnaires de la Place Beauvau ont révisé le dispositif de sécurité.



Alors qu’approche une nouvelle journée de mobilisation des « gilets jaunes », dont la perspective laisse craindre le franchissement d’un nouveau palier dans le degré de violence, le ministre de l’intérieur, sous tension, met en place une nouvelle stratégie de maintien de l’ordre à Paris et en régions. Une source de la Place Beauvau citée jeudi 6 décembre par l’Agence France-Presse (AFP) a rapporté que le dispositif de sécurité qui devrait se déployer sur tout le territoire était encore « en cours de finalisation ».

Invité du « 20 heures » de TF1 jeudi, Edouard Philippe a annoncé que :

    89 000 personnels des forces de l’ordre seront déployés dans toute la France ;
    dont 8 000 à Paris.

Le premier ministre a, par ailleurs, confirmé que douze blindés de la gendarmerie allaient être mobilisés. « Ce déploiement, réservé aux situations les plus dégradées, est très symbolique », analyse la publication professionnelle des gendarmes, L’Essor, qui précise que leur utilisation avait été demandée notamment par le député (LR) Eric Diard et un syndicat de police (le SCSI-CFDT). « Toutes » les forces de la gendarmerie – gendarmes départementaux, mobiles et réservistes – seront mobilisées samedi, ajoute encore L’Essor. Plus tôt dans la journée, devant les sénateurs, le premier ministre avait promis des « moyens exceptionnels » pour samedi.

Le procureur de Paris, Rémy Heitz, a par ailleurs annoncé vendredi avoir pris des réquisitions permettant de « contrôler l’identité des personnes » et « leurs affaires personnelles » en amont des manifestations ce week-end. « En fait, tous les endroits sensibles peuvent faire l’objet, sur la base de ces réquisitions, de contrôles d’identité et on peut être interpellé si on est porteur (…) d’armes ou d’objets laissant montrer qu’il y a une volonté de participer à des violences », a insisté le procureur.

Dans le Pas-de-Calais, la préfecture a annoncé vendredi avoir pris des arrêtés d’interdiction de rassemblements dans plusieurs lieux sensibles, de vendredi minuit à dimanche midi. Ces arrêtés concernent quatre endroits donnant notamment accès au réseau autoroutier, sur quatre communes, dont Calais.
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« Aller au contact »

Après les violences du 1er décembre, les autorités ont été abondamment critiquées pour les carences observées, notamment autour de l’Arc de triomphe, ce qui a imposé une révision en profondeur de leur stratégie face à des manifestants hors norme. Le dispositif de type « fan-zone » qui consiste à donner aux manifestants l’accès à un périmètre fermé et aux entrées contrôlées a été abandonné. Conçue comme une main tendue aux « gilets jaunes », cette installation s’est révélée défaillante le 1er décembre.

Auditionné au Sénat et à l’Assemblée nationale, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a promis que les forces de l’ordre seraient davantage mobiles pour interpeller ceux qui sont présentés comme des casseurs. « Jusqu’à présent les forces mobiles [CRS et gendarmes mobiles] avec leur équipement lourd avaient pour ordre de ne pas aller au contact », souligne Patrice Ribeiro, du syndicat de police Synergie.
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« Or, il y a les BAC, les compagnies de sécurisation et d’intervention (CSI), les “anticasseurs” chez les unités mobiles, les compagnies d’intervention avec leurs équipements plus légers qui peuvent aller au contact des casseurs et les disperser ou les arrêter. Il ne faut pas les laisser installer leur propre “fan-zone” », fait valoir M. Ribeiro. Plusieurs experts du maintien de l’ordre sollicités par l’AFP ont toutefois souligné qu’« aller au contact », c’est aussi prendre le risque d’avoir des blessés, voire des morts.
Appels au calme

Sous la forme d’un appel au calme relayé par plusieurs responsables de l’exécutif, M. Castaner a invité les « “gilets jaunes” raisonnables, ceux qui ne soutiennent pas l’action violente, à se désolidariser des extrêmes et à ne pas se rassembler à Paris ». Ailleurs en France, il a appelé à ne pas se rassembler dans les lieux qui ont fait l’objet de tensions importantes, comme les préfectures ou les barrières de péage. « A Paris et en province, nous serons vigilants sur tous les symboles de la République », assure-t-on également à Beauvau. Par ailleurs, plusieurs événements comme les rencontres de L1 PSG-Montpellier, Toulouse-Lyon ou Monaco-Nice ont été annulées pour soulager les forces de l’ordre.
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D’après une source du ministère de l’intérieur, les services de renseignement ont fait passer tous les voyants au rouge en alertant sur la mobilisation d’une « ultradroite qui rêve de révolution et d’une ultragauche qui prône l’insurrection ». Celle-ci pointe également la « radicalisation » d’une frange des « gilets jaunes » : « Ils se radicalisent dans la violence et politiquement. » Selon cette source citée par l’AFP, le niveau de risque est notamment illustré par les déclarations d’une des figures médiatiques du mouvement, Eric Drouet, qui a appelé à « entrer à l’Elysée », mercredi soir sur le plateau de BFM-TV.