Log in

Situation au Gabon : La sortie inopportune de Jean Ping, ex-adversaire d’Ali Bongo

Profitant de la maladie de son ex-adversaire au pouvoir, Jean Ping se proclame président de la République, plus de deux ans après la victoire attribuée à Ali Bongo.



Ali Bongo ne va pas bien. Tout le monde entier le sait. C’est une vérité de Lapalisse. En particulier pour le peuple gabonais qui suit attentivement l’évolution de l’Etat de santé de son président de la République. Depuis son admission à la King Faisal hospital de Riyad, tous les regards sont tournés et les oreilles tendues vers l'Arabie saoudite pour avoir des nouvelles du chef de l’État gabonais. C'est dans cette attente dans la méditation pour les uns et l'indifférence pour les uns que l'opposant gabonais, Jean Ping s'est affiché le samedi 03 novembre dernier.

En effet, cela ne pouvait constituer une surprise que l'ex-candidat aux élections présidentielles, celui qui estime avoir été spolier de sa victoire par Ali Bongo, monte au créneau. Mais, le monde entier aura été surpris par la posture adoptée par l'ancien chef de la Diplomatie gabonaise sous feu Omar Bongo.

C'est sans la moindre compassion, ni émotion encore moins d'humanisme que l'on a aperçu l'opposant gabonais, se dressant de toute sa stature, chez lui à domicile, brandissant les armoiries de l’État, sur un ambon où il est marqué ''Jean Pin, Président de la République élu'', s'adresser au peuple gabonais sous cette qualité. On aurait dit comme des Ivoiriens à une certaines époques du barbarisme que « le pouvoir était dans la rue ». Ce pouvoir que semblait avoir ramassé Jean Ping.

L'ex-adversaire n'aurait souhaité le passage de vie à trépas d'Ali Bongo qu'il ne se serait pris autrement. M. Ping est bien déterminé à tourner la page des Bongo avec Ali. Pour ce faire, rien, ni aucun moyen ne devrait l'y empêcher. Aussi, le coma profond dans lequel est plongé le dirigeant gabonais se présente pour lui comme une occasion de rebondir. Sans ménagement, l'ancien ministre des Affaires étrangères s'affuble d'un titre de président pour vouloir à l'instant prendre les rênes d'un pouvoir qu'il n'a pas exercé depuis plus de deux ans ?

Où était M. Ping pendant tous ces deux ans durant lesquels Ali Bongo a continué de régner sur le Gabon ? Quel acte a-t-il posé en sa qualité de président de la République qu'il brandit maintenant ? Quels organisme international ou État l'a-t-il reconnu comme tel ? Pourquoi Ali Bongo et non lui au Forum économique de Davos où le premier cité a piqué une crise ? D'où sort-il, Jean Ping, ou de quel sommeil se réveille-t-il subitement pour vouloir entraîner le peuple du Gabon et l'Afrique en général dans un débat qui dépasse tous entendement ?

Autant d'interrogations qui témoignent de la sortie inopportune et du manque d'humanisme de l'ex-ministre du ''père'' Bongo. Une véritable attitude de poltron.

En Afrique, les us veulent généralement que devant la mort, les uns et les autres oublient les rancunes, taisent les querelles et se témoignent solidarité et sympathie. Jean Ping ne semble pas avoir cette Adn dans les veines. Ce pigment de l'humanisme africain qui aurait voulu que, même si son adversaire Bongo venait à passer l'arme à gauche, il s'incline devant sa mémoire. En Côte d'Ivoire, le même samedi où M. Ping remuait ses partisans au Gabon, le témoignage édifiant de cet humanisme ne s'est-il pas traduit dans les mots de compassions témoignés par toute la classe politique au pouvoir et dans l'opposition suite au décès dans la matinée du Pr. Abou Drahamane Sangaré, ponte du Front populaire ivoirien d'un certain Laurent Gbagbo détenu à la Haye?

Au demeurant, le combat de Jean Ping aurait été bien loyal s'il l'orientait dans un certain sens de la légalité pour avoir le soutien de tous, plutôt que préparer encore une hécatombe contre le peuple qu'il prétend diriger. Que ferait-il des partisans d'Ali Bongo qui revendiqueraient comme lui le fauteuil jusque-là occupé, voir dévolu à leur mentor ? Même plongé dans un sommeil artificiel?

Pourtant, il était si simple, quant il a décidé de prendre la parole, de réclamer la transparence sur l'état de santé du malade, et au besoin, d'exiger que la Cour Constitutionnel dise le droit en la matière en veillant sur tous les délais. Le chef de file de l'opposition qu'il est, est en droit de demander à la présidente du Conseil constitutionnel, fusse-t-elle cataloguée, de veiller à la constatation de la vacance du pouvoir. Ce, afin que les dispositions prévues par la Constitution soient mises en œuvre. Quitte à ce que les élections soient reprisesl au terme des délais requis dès lors que Ali Bongo, reconnu président depuis deux ans, est au commandes, bien que lui, Ping, n'a jamais reconnu cette victoire. Le peuple gabonais et l'ensemble des observateurs attentifs de la situation au Gabon n'auraient à redire sur une telle posture humaine et humaniste. Laquelle repositionnerait son auteur pour les prochaines et possibles échéances en cas de décès ou d'invalidité du président en exercice pour tenir les rênes de l'Exécutif.

Au lieu de cela, c'est un adversaire encore sur ses grands chevaux, prêt au bras de fer perdu depuis deux ans, qui ressuscite de vieux démons. Ce, sachant ce que cela pourraient coûter encore en vies humaines à préserver. Un véritable machiavélisme, une sortie inopportune dont M. Ping aurait pu en faire l'économie. Cale Gabon n'en a vraiment pas besoin. En tout cas pas dans le contexte présent, pour se remettre de la situation de 2016.