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La Chine : « La pauvreté et les conflits qui perdurent en Afrique sont dus à la pratique coloniale de pays occidentaux »

A l’occasion du Forum sur la Coopération sino-africaine à Beijing, début septembre 2018, la Chine s’est dite prête, pour favoriser selon elle, la bonne mise en œuvre de ses huit initiatives en faveur de l’Afrique, à fournir un soutien de 60 milliards de dollars américains à l’Afrique sous diverses formes comme aides gouvernementales, investissements et financements par des entreprises et institutions financières.

Il n’en fallait pas plus pour que certains médias occidentaux comme africains ne crient à un endettement sauvage des pays africains par la Chine. Lors d’une conférence de mise au point récemment à l’Ambassade de Chine à Abidjan, le pays du Président XI Jinping a tenu à apporter des éclairages sur la coopération sino-africaine. Linfodrome vous propose ci-dessous en intégralité quelques clarifications apportées par la Chine dans la coopération sino-africaine.

1. Le « piège d’endettement » à l’encontre des pays africains dû aux prêts chinois ? Une allégation mensongère !

Des médias occidentaux ont récemment fait du bruit sur l’endettement de l’Afrique, en accusant la Chine d’avoir alourdi la charge d’endettement de pays africains en raison des prêts chinois, et en collant à la coopération sino-africaine l’étiquette du « piège d’endettement ». Pourtant, c’est après avoir pris compte des besoins des pays africains que la Chine leur accorde des prêts. Les pays africains, comme tous les autres pays, ont grand besoin financier au début du développement économique et de l’industrialisation. En fonction de la volonté de pays africains, la Chine accorde des soutiens dans la mesure de ses capacités afin d’accompagner ces pays africains à surmonter les difficultés dans le développement.

Les investissements et financements chinois ont effectivement amélioré l’environnement économique des pays africains et la réduction de la pauvreté de la population locale. Ces prêts ressemblent à une transfusion de sang. La Construction du chemin de fer Mombasa-Nairobi a créé 46 000 emplois et abaissé le coût du transport des biens de 80% pour le Kenya. Le barrage de Soubré par exemple, a créé 2500 emplois et renforcé nettement la capacité ivoirienne en production d’électricité. Par ailleurs, la Chine se soucie de la sûreté de ses investissements et procède à des examens rigoureux sur la faisabilité et les effets socio-économiques des projets de coopération afin de s’assurer des bénéfices des projets et de la capacité de remboursement des débiteurs. L’endettement préoccupant de certains pays africains est dû aux problèmes accumulés issus de l’ordre économique international injuste et inéquitable. La solution à ces problèmes, c’est le développement durable, ce qui est exactement l’objectif clé de la coopération sino-africaine.

 2. Le néocolonialisme pratiqué par la Chine en Afrique ? Une accusation calomniatrice !

 Une telle allégation est un préjugé sans aucun fondement. La Chine n’a jamais pratiqué le colonialisme dans son histoire comme dans sa diplomatie. La pauvreté et les conflits qui perdurent en Afrique sont largement dus à la pratique coloniale de pays occidentaux. La Chine, autrefois pauvre et sous-développé à cette époque-là, soutenait le développement africain. Depuis des décennies, au lieu de s’ingérer dans les affaires intérieures d’autrui ou d’assortir à ses aides des conditions politiques, la Chine a transmis sans réserve ses expériences et techniques avancées à l’Afrique.

Ce n’est pas rare de voir une entreprise chinoise, à ses propres moyens financiers et techniques, crée des emplois en Afrique et contribue au développement économique local. Comme en Ethiopie, dans la zone industrielle Orientale, des travailleurs éthiopiens d’une usine à capitaux chinois Chantent, chaque matin, une chanson chinoise portant sur la solidarité. 80% d’entre ces 4000 personnes sont issues de la zone rurale éthiopienne. Ces dernières années, dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route », de plus en plus de projets de coopération similaires se sont implantés en Afrique.

Des gens considèrent aussi la coopération sino-africaine en matière de ressources naturelles comme un acte de pillage et d’invasion économique. Ce point de vue n’est non plus bien fondé. La plupart d’investissements et de prêts chinois ne consiste pas en ressources naturelles, mais en construction des infrastructures. La plupart de ressources naturelles en Afrique sont occupés et contrôlés par des compagnies occidentales. La Chine achète des ressources énergétiques, mais nous n’avons que dans très peu de cas la possession de mines.

Certes, l’exploitation de ressources fait partie de la coopération sino-africaine, mais la Chine considère plus important d’accompagner les pays africains à renforcer leur capacité de développement autonome. Des entreprises chinoises procèdent à la coopération énergétique en Angola et au Tchad en construisant sur place un système industriel complet de pétrole. Sur ce point, les Africains sont les mieux placés à en juger. Le journal nigérian Pioneer a récemment publié un article qui disait que les Chinois ne pratiquaient pas le colonialisme ni le néocolonialisme, et que comme une bougie ne s’éteignait pas en allumant des autres, elle rendait le monde encore plus lumineux.

3. La coopération sino-africaine, antagoniste à l’égard du monde occidental ? Un soupçon polémique

Des médias occidentaux se soupçonnent des relations sino-africaines toujours étriquées et pensent que le renforcement de la coopération sino-africaine se fait dans le but de s’opposer au monde occidental. Derrière ce soupçon, c’est la logique traditionnelle d’hégémonie qui considère l’Afrique comme une sphère d’influence occidentale. Pourtant, comme ce qu’on dit en Chine, une personne ne doit pas faire aux autres ce qu’elle ne veut pas que les autres lui fassent.

La Chine, qui partage un passé similaire que les pays africains, ne cherche jamais un rôle prédominant en Afrique. Contrairement à cette logique hégémonique, la Chine reste toujours ouverte à l’égard des pays africains. Ces dernières années, la Chine se réjouit de voir l’Afrique diversifier ses partenaires, et espère que les différents partenaires de l’Afrique pourront faire plus en faveur du développement africain, mais non le contraire.

En effet, l’Afrique ne s’appartient qu’aux Africains. En tant que puissance politique indépendante dans le monde, l’Afrique ne dépend d’aucun grand pays. A part le Forum sur la Coopération sino-africaine, organisé tous les trois ans, il y a aussi des forums de haut niveau tenus entre les pays africains et les Etats-Unis, la France, le Japon et l’Inde. Pour la Chine, entretenir de bonnes relations avec les pays occidentaux fait partie des priorités de la politique extérieure chinoise. S’opposer au monde occidental par la coopération sino-africaine, ce n’est qu’un soupçon polémique des médias occidentaux.