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La galère de la population de Bouaké continue

  • Ecrit par Linfodrome
  • Publié dans Côte d'Ivoire

Les populations de Bouaké, en particulier et celles des villes ivoiriennes,, en général qui ont cru que la pénurie d'eau débutée dans cette ville, deuxième de la Côte d'Ivoire avec environ 800 000 Bouakéens, en mars 2018, prendrait fin très vite, sont certainement choquées, actuellement.

Les témoignages et autres enquêtes sur la pénurie sont révélateurs de ce qu'aucune initiative n'a encore pu mettre fin à la galère des habitants.

La "solution d’urgence" apportée par la Banque mondiale, à travers la somme de 5 milliards de francs Cfa pour assister l’État ivoirien, dans cette épreuve mettant en péril des milliers de familles, sert de calmant à la galère des populations. En effet, les 5 milliards offerts par l'institution financière internationale avait un objectif précis : soulager les populations sinistrées par la pénurie. De ce fait, dans le cadre d'un plan gouvernemental implémenté du fait de l'urgence, des actions ont attaqué la crise dans un court terme à travers l'installation de forages et la mobilisation des camions citernes à Bouaké). Dans le moyen terme, il est prévu une installation de stations d’unités mobiles de traitement d’eau potable et dans un long terme, la connexion des stations de traitement de Bouaké au barrage de Kossou et la construction d’une unité de production d’eau potable. Ainsi, tel un calmant pour soulager un mal de tête, la solution temporaire trouvée avec les citernes d'eau pour surmonter cette période difficile, ne traite toutefois pas la cause du mal.

Le ministre Koné Bruno n'avoue-t-il pas l’incapacité du gouvernement à régler durablement le problème en appelant tout le monde à la prière? «La dernière fois que je me suis exprimé sur cette question, j’avais dit qu’il faut prier pour qu’il pleuve suffisamment pour que le bassin versant vers le lac qui approvisionne Bouaké soit rempli. Donc, continuons à prier», avait-t-il lâché, à l’issue du Conseil des ministres du mercredi 6 juin 2018. Et de soutenir que «dans l’intervalle, ce que le gouvernement doit faire, il le fait. Je vous avais indiqué qu’il fallait soulager les populations en faisant en sorte que ces populations soient approvisionnées régulièrement en eau potable. Le gouvernement fera cela jusqu’à ce que la situation soit complètement rétablie. Sur instruction du président de la République, des travaux de raccordement sont effectués sur la rivière Kan ».

Des observateurs du drame bouakéen soutiennent que la mobilisation d'opérateurs économiques avec des tonnes d'eau minérale a certes mis du baume au cœur de milliers de personnes, surtout malades et les personnels des hôpitaux, mais elles sont nombreuses à rêver d'une solution durable. «Le traumatisme des rangs kilométriques pour se faire servir par les camions citernes est de plus en plus pesant et insupportable», nous a confié une étudiante de l’université de Bouaké. «Le drame dû à la pénurie d'eau est partagé par tout le monde. Ce qui inquiète le plus, aujourd'hui, c'est que des gens, qui n'ont pas accès aux citernes d'eau, préfèrent prendre de l'eau n'importe où et n'importe comment. Il y a des eaux que ces gens recueillent qui ont la couleur marron. C'est vrai que c'est le statu quo. Rien n'a changé. Mais, il faut faire attention parce que le contexte fait qu'on côtoie, chaque jour, les maladies liées à la malpropreté et à la qualité de l'eau», s'est inquiété un cadre d'une entreprise privée installée à Bouaké.

Pour rappel, il faut noter que suite à une sécheresse sévère, la plus grande station de traitement d’eau de la zone à Laloka est dans une incapacité totale de rendement parce que le barrage n'est pas approvisionné en eau.