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Révérend Tagoua : " Pourquoi donner le marché de 460 milliards Fcfa pour la confection des CNI à une entreprise belge, alors qu’on pourrait confier la gestion aux Ivoiriens ?... "

Réaction du révérend Pascal Tagoua sur l’attribution du marché de 460 milliards FCFA pour la confection de la nouvelle Carte nationale d’identité (CNI) ivoirienne.



Nous avons appris avec stupéfaction que la société belge (SELMEX) vient de rafler le marché de confection des nouvelle Carte nationale d’identité ivoiriennes. Rien ne serait émouvant si les conditions d’attribution relèvent de la pratique de la démocratie. Mais au delà des contours de la concession de l’offre, nous sommes plutôt préoccupés par l’éthique relevant de la pratique de la bonne gouvernance.

Parlant du coût de la CNI elle-même qui est de 5.000 FCFA, en ces temps de vache maigre dans un pays qui sort de crise. C’est à croire que les députés de cette législature sont déconnectés des réalités de nos populations. Les familles de classe moyenne dans le milieu rural sont constituées au minimum de 5 à 10 enfants.

Ce qui rend difficile l’accès aux soins primaires en cas de maladies. La plaquette de paracétamol de 200 F CFA est même difficile à acquérir. Sans compter la plaquette d’arthemeter contre le palu de 870 F CFA qui reste un privilège. Trouver sa nourriture est la croix et la bannière que les familles affrontent quotidiennement.

Devant ce tableau sinistre de la société, comment peut-on penser qu’une famille de cette proportion dans le milieu rural puisse débourser 5000 FCFA pour l’acquisition de la carte d’identité de chacun de ses membres ? Cette carte d’identité qui n’a d’utilité que la reconnaissance faciale n’est d’aucune importance pour le villageois.

Celles acquises pour les élections de 2010 étaient dotées d’une technologie de pointe selon Soro Guillaume, premier ministre d’alors, fabriquées aussi à l’extérieur pour la circonstance, à coût de milliards, aujourd’hui restent inutilisables.

N’ayant pas tiré de leçon de cette première forfaiture, nous voici encore embarqués dans une dépense publique de 460 milliards de nos francs que nous allons donner à une petite société basée quelque part à Bruxelles pour juste nous fabriquer un bout de plastique ne répondant à aucune norme de lecture biométrique.

Par exemple, un contrôle de police. En outre, le comble, c’est que nous lui confions les données particulières de plus de 10 millions de nos concitoyens à savoir l’état civil et la traçabilité. Il s’agit concrètement de l’identité personnelle, les références des ascendants, l’adresse géographique,…toutes ces données sensibles que nous confions à une structure privée à l’international qui est libre d’en user selon son bon vouloir.

Hier, c’était notre monnaie dont la fabrication échappe toujours à notre souveraineté. Aujourd’hui, c’est toute notre vie privée qui sera détenue entre leurs mains. Ne serait-il pas temps de faire autrement ? Moi, Révérend Tagou, Président de la République, c’est tout réfléchi : je vais susciter des champions nationaux (de nouveaux hommes d’affaires) dans différents secteurs d’activités qui ne seront redevables qu’à la nation ivoirienne et non à un individu.

Avec 460 milliards, l’on pourrait acquérir une nouvelle technologie de pointe durable dans le temps et confier la gestion à nos compatriotes ayant reçu l’expertise en la matière pour pérenniser la confection de nos CNI sur de longues années. C’est ce que j’appelle un SMART INVESTMENT.

Je vous remercie.

Révérend Tagoua N. Pascal