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Un Conseiller de Soro au sujet du procès du putsch manqué du Burkina : « Soro n’a jamais voulu livrer Ouattara, dans cette affaire ...»

  • Ecrit par www.linfodrome.com
  • Publié dans Côte d'Ivoire

L'ex-président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, n'en a pas fini dans ses déboires avec le Burkina Faso.



La dernière visite du ministre d’Etat, ministre de la Défense au Burkina Faso où il a porté un message du président de la République, Alassane Ouattara, à son homologue burkinabé, Roch Kaboré, a suscité des soupçons dans le camp de Guillaume Soro, qui redoute des manœuvres d’Abidjan et de Ouagadougou contre l’ex-président de l’Assemblée nationale pour l’éliminer des prochaines échéances présidentielles. Dans une vidéo dont nous livrons de grands extraits, le conseiller camerounais de l’ex-chef du Parlement ivoirien, défend son mentor et charge.

Le tribunal militaire de Ouagadougou veut utiliser le putsch fait par le Général Diendéré comme une variable d’ajustement. D’abord pour légitimer et renforcer le pouvoir de Roch Kaboré au Burkina Faso. Mais, on observe que du côté de la Côte d’Ivoire, des gens veulent récupérer ce procès pour l’utiliser comme moyen pour éliminer Guillaume Soro de la courser à la présidentielle de 2020. Je vous rappelle que des deux côtés, en 2020, il y a une présidentielle. Donc, les deux autocrates des deux côtés essaient de s’entendre pour fabriquer une machine pour éliminer, d’emblée, sur tapis vert, si ce n’est physiquement, leurs adversaires les plus redoutables. Le procès du putsch du Burkina Faso à Ouagadougou n’étant donc pas un procès de tous les putschs, est un procès orienté pour renforcer le pouvoir Mpp de Roch Kaboré. Le procès ne jugeant pas tous les putschistes est donc, en réalité, aussi exploité par le régime ivoirien pour tenter de noyer Guillaume Soro. Le régime Zida a fabriqué des écoutes téléphoniques le 12 novembre 2015. Il y a eu des experts allemands et français qui ont travaillé sur les bandes d’écoute et concluent que ces bandes étaient inauthentiques. C’est-à-dire que c’était du rafistolé, du fabriqué et du collé, du montage, donc ne pouvait pas être considérées comme étant des bandes fiables, donc des écoutes téléphoniques fiables.

Deuxième chose, les écoutes téléphoniques dont s’est prévalu le tribunal de Ouagadougou pour lancer, à l’époque, un mandat d’arrêt contre Guillaume Soro, n’ont jamais été ordonnées par un juge burkinabé. Or, vous savez très bien que si un juge n’a pas ordonné la mise sur écoute d’un citoyen, le fait de les écouter, même si ces écoutes étaient vraies, élimine d’emblée la valeur de ces écoutes. Ces écoutes n’ont aucune valeur juridique, parce qu’aucun législateur ni juge burkinabé ne les a autorisées, et en plus, parce que d’un point de vue technique, l’expert, Norbert Fulpin des trinbunaux de France et l’expert Kunzel des tribunaux d’Allemagne, ont examiné ces écoutes et ont dit que ces bandes téléphoniques étaient inauthentiques et qu’on ne pouvait pas les considérer comme des pièces fiables dans un procès équitable. Je rappelle que l’expert allemand Kunzel a été choisi par le tribunal militaire de Ouagadougou, et c’est lui qui a donné la conclusion que les écoutes n’étaient pas fiables. L’expert français a été cherché, lui, par les avocats du Gal Djibril Bassolé. Cet autre expert assermenté, comme son collègue allemand, a conclu que ces écoutes étaient inauthentiques. Sur cette base d’ailleurs, le gouvernement burkinabé a renoncé à son mandat d’arrêt contre ubuesque et ridicule contre le président de l’Assemblée nationale d’alors, Guillaume Soro.

Qu’est-ce que ce procès qu’on veut utiliser contre Guillaume Soro a révélé ?

D’abord, que Diendéré a fait un coup d’Etat contre des putschistes. Donc,il ne se sent pas moralement en faute. Il a essayé de renverser des gens qui, eux-mêmes, avaient renversé. Quand tu fais un coup d’Etat et que tu prends le pouvoir, débrouilles-toi pour le conserver, parce que si quelqu’un d’autre fait un coup d’Etat pour le reprendre, ne te plains pas. C’est la vie. Ceux quii le juge ne sont pas meilleur que lui. Il sait qu’il est jugé par des putschistes.

Le Mpp est arrivé au pouvoir en 2015 dans une élection où avaient été exclus les candidats du Cdp. Exactement comme le Fpi de Laurent Gbagbo en octobre 2000, face à Guéi Robert. Donc, le régime actuel au Burkina Faso souffre d’un déficit de légitimité démocratique. Et, au lieu de compenser ce déficit par le pardon, le consensus, l’union, ce régime utilise le procès du tribunal militaire pour éliminer ses opposants, pour tenter d’empêcher le Gal Djibril Bassolé de poursuivre sa carrière politique, ou empêcher le président Compaoré de rentrer vivre tranquillement dans son pays, pour empêcher les leaders de l’Adf-Rda d’affirmer leurs ambitions, et maintenant l’opposition dirigée par Zéphirin Diabré sait bien qu’elle a été piégée par le Mpp auquel elle a cru.

Donc, le procès du putsch manqué de Ouagadougou est l’occasion pour les deux régimes fragiles du Burkina Faso et de Côte d’Ivoire d’essayer de régler des comptes de manière artificielles et superficielles sans aller au fond des problèmes. Le tribunal militaire évoque à un moment donné, le nom de notre leader, Guillaume Soro, sur la base de ces soit-disants écoutes dont nous avons montré qu’elles étaient inauthentiques. On évoque des conversations complètement anecdotiques qui auraient été interceptées entre Guillaume Soro et le Gal Diendéré. Mais, l’information la plus importante qui soit venue du tribunal militaire, à propos du rôle de la Côte d’Ivoire, dans le coup d’Etat de septembre 2015, est la suivante : Le Gal Gilbert Diendéré a dit de sa propre bouche, à Ouagadougou, devant les magistrats accroupis du tribunal militaire, qu’il a reçu de l’aide en armes, en munitions et en finances du Gal Vagondo Diomandé, chef d’Etat-major particulier du président de la Rpublique de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara.

Donc, on reproche à Guillaume Soro, une conversation supposée avec le Gal Diendéré et le Gal Djibril Bassolé. Conversations dont l’authenticité a été démentie, parce manipulées, traficotées par les officines qui les ont fabriquées. Entre quelqu’un à qui on reproche une conversation et quelqu’un qui, lui, a donné munitions, armes et finances pour un coup d’Etat, qui mérite le mandat d’arrêt international ? N’est-ce pas Alassane Ouattara, président de République de Côte d’Ivoire, et Vagondo Diomandé, le chef d’Etat-major particulier ? Que fait-on des autres soit-disant écoutes téléphoniques qu’il y a eues dans cette affaire ? Par exemple, cette écoute téléphonique prétendue entre le colonel Koné Zakaria, réputée intimement proche du président Ouattara, et l’épouse du Gal Diendéré ? N’entend-on pas dans cette écoute téléphonique le colonel Koné Zakaria jurer que le gouvernement ivoirien et le président de la République de Côte d’Ivoire aideront le Gal Diendéré à prendre le pouvoir contre les putschistes qui ont pris le pouvoir contre des putschistes, qui ont eux-aussi pris le pouvoir contre des putschistes ? Donc, si vraiment on est un tant soit peu équitable, entre celui à qui on reproche une supposée conversation téléphonique et celui dont le principale auteur du putsch de septembre 2015 dit qu’il lui a donné les armes, l’argent et les munitions, qui est-ce qu’on doit accuser ? En réalité, Guillaume Soro, par esprit républicain, n’a jamais voulu livrer le président de la République, Alassane Ouattara, dans cette affaire. C’est parce qu’il n’a pas voulu livrer le président de la République dans cette affaire qu’il s’est laissé accuser par des individués stipendiés du tribunal militaire de Ouagadougou et par leurs petits complices de la lagune Ebrié. Ce n’est parce que Guillaume Soro se reproche quelque chose d’extraordinaire dans cette affaire. Parce que lui, il n’a pas donné arme, ni argent, ni munition. (....).