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Un front contre Soro se met place au Nord, voici ce qui se prépare à la fin du mois

  • Ecrit par Linfodrome
  • Publié dans Côte d'Ivoire

Derrière ce collectif « des élus et cadres », se dresse l’ombre de Birahima Téné Ouattara alias « Photocopie », frère cadet du chef de l’État

Un grand meeting aura lieu le 30 mars à Ferké pour ''dépolluer'' les esprits des populations.

Un vaste front anti-Soro Guillaume est en train se mettre en place dans le Nord du pays, notamment dans la région du Tchologo qui couvre les départements de Ferkéssedougou, Kong et Ouangolodougou. Ce front pourrait toucher Korhogo, avons-nous appris. En toile de fond, réduire ou casser l’influence grandissante de l’ancien président de l’Assemblée nationale.

Le constat, aujourd’hui, fait ressortir que dans ces zones, après sa démission et ses rencontres avec quelques couches, les populations semblent être réceptives à son discours opposé voire hostile au Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) et à son fondateur, Alassane Ouattara. Face à ce péril nommé Guillaume Soro, des élus et cadres du Rhdp ont décidé de se constituer en blocus, à travers un collectif, pour solidifier leur base et consolider leur position sur le terrain.

L’un des élus, acteur de la mise en place de ce collectif « des élus et cadres du Tchologo », que nous avons joint par téléphone, hier mercredi 20 mars 2019 en milieu d’après-midi, s’est voulu clair quant aux motivations et objectifs qui guident la mise en place de la structure. « Il faut qu’on soit soudés face à Guillaume Soro, pour éviter des divisions dans nos rangs. Nous allons travailler à la consolidation de nos acquis, et appeler les populations à l’apaisement et à la sérénité », nous-a-t-il confié.

Un grand meeting de soutien au chef de l’État, Alassane Ouattara, est prévu, le samedi 30 mars 2019, à Ferké.

Wewoh Djénéba Koné, élue du Conseil régional du Tchologo, présidente de la Fédération de l’association des sentinelles de Côte d’Ivoire (Fed-ci), également impliquée dans la mise en place de ce collectif, et que nous avons jointe hier mercredi après-midi sur son téléphone portable, prône plutôt « la cohésion entre les filles et les fils du Tchologo sans exclusion ».  « Je veux la cohésion et l’entente de tous les cadres, fils, filles et élus du Tchologo. Moi, je ne veux pas qu’il y ait des clans. Je suis contre les clans dans ma région. Guillaume Soro est le frère du ministre Birahima Ouattara. Je souhaite vivement que Guillaume Soro et son père, le chef de l’État Alassane Ouattara, se retrouvent.  Le 30 mars 2019, nous allons demander aux populations de Ferké d’adhérer au projet du Rhdp du président Alassane Ouattara », a-t-elle dit, revendiquant « 2000 adhérents » et des sections dans le N’Zi et l’Iffou.

Derrière ce collectif « des élus et cadres », se dresse l’ombre de Birahima Téné Ouattara alias « Photocopie », frère cadet du chef de l’État, président du Conseil régional du Tchologo et ministre des Affaires présidentielles.

Entre lui et Guillaume Soro, ce sont des « coups de torchon ». Mais, c’est son homme de main, Traoré Bamoudien, Directeur de l’Agence nationale de formation professionnelle (Agefop), qui est à la manette de ce collectif.  Une première réunion du noyau décisionnel est prévue, ce jeudi 21 mars 2019 en début de soirée, au siège du Rassemblement des républicains (Rdr) à Cocody rue Lepic.

Le samedi 23 mars 2019, une grande rencontre, élargie exclusivement aux « cadres et élus du Rhdp », se tiendra, toujours au siège du Rdr, à la salle de conférence du Bureau politique, appelée « Salle du sous-sol ».  Il s’agira, toujours selon notre source, « d’analyser la situation socio-politique dans le Tchologo ». Il s’agira, dans la mesure du possible, de mettre Guillaume Soro sous éteignoir. Depuis sa démission forcée, selon lui, de la présidence de l’Assemblée nationale, le vendredi 8 février 2019, Guillaume Soro parle à cœur ouvert…

La résidence du président du Comité politique (Cp) ne désemplit pas. Face aux populations et groupes sociaux qui défilent chez lui, comme l’a fait la communauté venue de Grand-Béréby, le dimanche 10 mars 2019, Guillaume Soro ne se prive pas d’attaques virulentes contre Alassane Ouattara. Il n’exclut plus de se présenter à l’élection présidentielle de 2020.  Il va plus loin aujourd’hui, pour demander à Alassane Ouattara de quitter le pouvoir d’État après ses deux mandats constitutionnels. A Ferké, sa base électorale et où il s’est rendu début mars et où il a reçu un accueil en fanfare, haut en couleur, « Bogota » a fait une peinture assez sombre du pouvoir de Ouattara. Il l’a accusé de « renvoyer de leurs postes, les fils du nord ».  Dans cette région, il sait qu’on ne badine pas avec les valeurs morales. C’est pourquoi, il a tiré sur cette fibre, pour dresser les populations contre Alassane Ouattara.  Son discours semble avoir produit un effet répulsif à l’encontre du Rhdp sur les populations, au point qu’ils sont nombreux aujourd’hui, à avoir pris fait et cause pour lui, tout en s’apitoyant sur son sort.  Le collectif de Bamoudien Traoré veut donc « dépolluer » les esprits.