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La mère de Brice Siesson, assassiné chez le député Evariste Tié Méambly, parle : Il avait les 2 bras fracturés, le tendon d’Achille coupé, la rate ...

  • Ecrit par Ivoiresoir
  • Publié dans Côte d'Ivoire

L’affaire Brice Siesson Yéhi assassiné selon la famille chez le député Evariste Tié Méambly refait surface. Les géniteurs de la victime accompagnés de leur avocate, Me Françoise Kaudjhis-Offoumou ont animé une conférence de presse le mardi 10 juillet 2018 à Cocody, pour dire leur part de vérité. Ils estiment que c’est un crime prémédité et souhaitent la levée de l’immunité parlementaire du député.



A en croire Cécile Siésson la génitrice de Brice Siésson Yéhi, son fils a été assassiné en pleine journée chez Evariste Tié Méambly également président du conseil régional du Guémon. « Evariste Tié Méambly clame haut et fort qu’aucun organe n’a été enlevé à mon fils » « il n’y a même pas un millimètre d’intestin qui a manqué »chose que réfute la famille.

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Selon le député le jeune homme aurait reçu une balle par inadvertance, dans un des 25 voitures de son cortège d’un élément de sa garde rapprochée: « le tireur nettoyait son arme dans la voiture lorsque le coup est parti ». « Alors que la délégation envoyée par Evariste Tié Méambly pour annoncer le décès, Mesmin Sodié (NDLR oncle de la victime) a dit devant plusieurs témoins que l’accident s’est produit dans la cour de la résidence du député », fait remarquer la famille.

Selon Cécile Siésson, son fils est décédé le 22 février 2018 « et non le 26 février 2018 comme le prétend Evariste Tié Méambly ». Et de contredire « j’ai été informée du décès de mon fils que quatre jours après sa disparition soit le 26 février 2018 à 22h30 ». Et de poursuivre « et on m’empêche de voir le corps de mon fils jusqu’à ce qu’après instance, je découvre finalement le 28 février 2018 le spectacle ».

    « il y avait de nombreuses blessures sur le corps de mon fils ; il avait les deux bras fracturés, le tendon d’Achille gauche sectionné, un trou béant au niveau de l’épaule gauche,éventré, et la rupture de la rate «

« Il avait les deux bras fracturés, le tendon d’Achille gauche sectionné, un trou béant au niveau de l’épaule gauche, éventré, et la rupture de la rate ».

Etant elle-même fille de salle de profession, elle ressortira choquée de la morgue « il y avait de nombreuses blessures sur le corps de mon fils ; il avait les deux bras fracturés, le tendon d’Achille gauche sectionné, un trou béant au niveau de l’épaule gauche, éventré, et la rupture de la rate » avant de fondre en larmes. « Ce qui ne concorde pas avec l’explication du député quant à la cause du décès de Brice », fait elle savoir.
Le père et la mère de Brice
Le père et la mère de Brice Siésson

« A-t-il été victime de prélèvement forcé d’organes, de sang ou d’un viol ? », s’interroge la mère toute confuse. La famille fait remarquer que leur fils n’a pas été totalement pris en charge par le Centre hospitalier universitaire (Chu) de Cocody comme il se devait : «  cela nous permet de douter de son admission aux urgences de cet établissement de renom ».

« Aussi dans les hôpitaux sérieux, il y a une procédure obligatoire pour un blessé par balle.nCelle-ci implique la prise en charge immédiate du patient en vue de lever l’état d’urgence médicale mais cela doit être obligatoirement suivi par des contrôle d’identité et des déclarations à la police pour expliquer le contexte dans lequel le patient a reçu cette balle », fulmine la mère.

    « même si l’on peut considérer pour le moment que le député n’est peut-être pas l’auteur direct du tir, il est au moins complice du meurtre de notre fils et reste le premier responsable de cette situation dramatique »

La famille estime qu’il y’a dissimulation de certains éléments de preuve. « L’un des amis de mon fils Sadia Seakoui alias Kirikou fait savoir que la victime portait une chemise blanche et un pantalon bleu foncé », explique-t-elle. Et de contredire « cette chemise blanche ne se trouvait pas dans son sac de voyage. Nous avons plutôt trouvé des menottes et le bracelet de la victime tous ensanglantés », se souvient la mère.

Selon les parents, la mort de leur fils est préméditée et en bande organisée. Ils pointent un doigt accusateur sur « le député Evariste Tié Méambly et la polyclinique Farah qui fait croire qu’elle a traité le patient ». Et de conclure « même si l’on peut considérer pour le moment que le député n’est peut-être pas l’auteur direct du tir, il est au moins complice du meurtre de notre fils et reste le premier responsable de cette situation dramatique. Son immunité parlementaire doit être levée pour permettre une enquête objective et son inculpation s’il est coupable».

Notons que le député Evariste Memably a toujours clamé son innocence dans cette affaire, admettant un accident. Près de cinq mois après les faits, la justice saisie d’une double plainte (par les parents et par Mémably) n’a toujours pas fait la lumière sur cette mort brutale, ce qui laisse croire qu’elle a des implications politiques.